Les Plans d'Existence

Extrait des Travaux de Marcos le Noir, De la nature de l’Espace et du Temps :

Chaque plan est un univers, un lieu d’existence à part entière, distinct des autres plans et possédant ses propres lois physiques, qualités et propriétés. La structure des plans échappe à notre compréhension limitée de l’espace et des dimensions. Le résumé qui suit donnera une nouvelle idée de cette structure, basée sur des considérations dont moi seul ai eu le privilège d’appréhender la profondeur. On ne trouvera d’informations détaillées à ce sujet dans aucun autre document.

Chaque plan est donc un univers, englobant aucun ou plusieurs mondes. Les explorations faites jusqu’ici par mes prédécesseurs les avaient amenés à représenter les plans sous la forme de pelures d’oignons imbriquées les unes dans les autres. Ce point est absolument faux. J’en veux pour preuve un phénomène se déroulant dans la cité de Rhadjabán, dans le plan de Cas-Bel ; On y observe que certains objets de bronze ou de cuivre de cette cité sont aussi présents dans la cité outreplanaire de Djâraban, et se déplacent avec similitude dans les deux plans. La stabilité magique du bronze étant bien connue et la puissance magique qu’il aurait fallu à un magicien pour créer cette « symétrie », et d’autres considérations relatées dans mon  quatre-vingt seizième essai me conduisent à affirmer que ces villes sont tout simplement au même endroit. Non pas au même endroit sur ce monde, mais au même endroit dans l’absolu, à un plan d’écart.

Que j’éclaircisse ma pensée : Je me représente les plans non pas comme des sphères, mais comme on voit un univers : de trois dimensions illimitées de chaque côté. On a coutume de rajouter une quatrième dimension : le temps pour définir entièrement la position de tout objet. A ce système de coordonnées, j’ajouterai une cinquième, caractérisant le plan d’existence de l’objet. Mais où placer cette cinquième dimension, alors ?

Imaginons une carte : elle représente un monde de trois dimensions en deux. Améliorons : avec le procédé de multiprojection de Cator, on peut avoir une sorte de maquette inconsistante, un hologramme, qui nous permettrait de représenter en relief, c’est-à-dire en trois dimensions, une partie de ce monde à trois dimensions. Nous pouvons aussi représenter le temps de deux façons. Soit en fabriquant suffisamment de ces représentations de Cator et en les posant les unes à côté des autres, chacune représentant un instant différent, ayant ainsi sous les yeux les quatres dimensions. Soit en animant l’hologramme, qui représenterait de même les quatre dimensions. Ces deux représentations sont absolument équivalentes, vous en conviendrez. La seconde n’est simplement que la superposition au même endroit des différents « morceaux » de la première.

En reprenant cette démarche, on peut introduire la cinquième dimension. Nous avons un hologramme représentant un monde en quatre dimensions. En prenant un hologramme suffisamment grand, on peut représenter plusieurs planètes et le vide qui les entoure, puis même le plan entier où elles existent. Bien ; prenons maintenant un dispositif similaire : on peut représenter un autre plan à côté du précédent. Puis un autre. Et encore jusqu'à ce que tous soient représentés. Or vous savez que l’hologramme de Cator est par nature inconsistant, c’est une « image dans de l’air », comme il le dit lui même. Rien ne nous empêche donc de superposer ces différentes images au même endroit. Celui qui peut se représenter le dispositif que je viens de construire se représente alors raisonnablement bien la réalité des plans d’existence.

Grosso modo, les plans sont tous au même endroit, distincts mais confondus. C’est ainsi qu’à un certain endroit il peut exister plusieurs planètes appartenant à différents plans, et que vous êtes peut-être assis au milieu d’un individu d’un autre plan.

Extrait des Travaux de Macros le Noir, Des Voyages.

Mes études m’ont appris quelques autres caractéristiques des plans. Les plans ne sont pas solides ni stables : il arrive que deux plans se confondent en un endroit comme Rhadjabán et Djâraban. Certaines entités existent alors dans les deux plans et il est aussi facile de passer d’un plan à un autre. De plus les plans ne sont pas « plats ». Ils sont tordus, certains font des « noeuds ». Tout comme un parchemin, un plan peut en étant replié sur lui-même être contigu avec lui-même. En de tels endroits, on est plus proche d’un lieu auquel il nous aurait fallu des décades avant de parvenir et qui paraît lointain que d’un autre situé à quelques lieues ou quelques mètres. D’autre part les plans n’ont pas tous la même échelle, en dépit de leur infinité en longueur et en temps. De ce fait, quand on fait un mètre dans un plan, on peut avoir fait une lieue dans un autre. C’est ce qui explique la capacité des sacs de contenance et autres objets du même acabit.

Le phénomène de repli évoqué précédemment est assez intéressant pour plusieurs points : le premier est qu’il implique trois autres dimensions dans le système élaboré plus haut, afin de permettre ce replis. Je prétends même que ces replis existent à travers le temps, un endroit d’une époque étant alors confondu avec un autre endroit d’une autre époque. Le deuxième point est la perspective de déplacement qu’elle offre : A priori, on peut traverser en quelques secondes par un repli une distance qui pourrait s’élever à la distance entre deux mondes. D’autre part, la neuvième dimension permet de la même façon de traverser facilement le temps, à la manière des voyageurs temporels.

Néanmoins, le voyage entre les plans n’est pas à la portée de tous le monde. Ceci demande une bonne compréhension de la magie, l’aide du destin, une connaissance de son esprit et une bonne maîtrise de son corps. En certains endroits, il peut être immédiat de se voir transporter ailleurs, en d’autres il faut utiliser une aide extérieure. Dans tous les cas, voyager entre les plans reste difficile : A part quelques personnes en ayant les capacités, à ce que je sache, même les dieux ont des difficultés à les traverser, ce qui nous protège de puissances maléfiques outreplanaires. C’est aussi ce qui permet à certains de contenir des monstruosités dans des gemmes, en transformant l’intérieur cristallin de celles-ci en plans à part entière. Si celui-ci n’est pas pourvu de ‘porte’ par son créateur, la créature n’a quasiment aucune chance de s’en sortir, pour des raisons que je ne connais pas encore. Le voyage interplanaire n’est cependant pas impossible, simplement très restreint. A part quelques rares endroits de replis utilisables facilement et qui ne soient pas confondus avec un plan inhospitalier, il existe d’autres moyens. Un aspect parfois connu mais jamais compris est le principe du rift, faille ou déchirure suivant celui qui les a étudiés. Ce sont des ‘tunnels’ dans l’espace-temps assez faciles à créer et détruire, de longueur et durée variables. Ils relient à travers le plan Astral différents endroits entre eux. Si on ne peut les créer, le problème reste juste de les localiser. Certaines créatures peuvent les sentir, d’autres ne les voient pas. Les créer n’est pas difficile, quelques sorts suffisent, mais il est plus difficile de savoir avec précision où ils iront et combien de temps ils tiendront. Il existe aussi des rifts permanents dont on ne sait pas qui les a créés et s’ils disparaîtront jamais un jour. Ils sont d’un aspect totalement identique à celui des rifts créés.

Il existe un endroit aimé par les voyageurs interplanaires : il s’agit d’une taverne tenue par un petit homme à la peau hâlée : Régis l’Honnête. Cette taverne se situe dans un demi-plan minuscule appelé le Hall des Mondes par ses habitués. La particularité de ce demi-plan est d’être au milieu d’un nœud planaire, et d’avoir des accès sur presque tous les plans, et les mondes. C’est en quelque sorte le nombril de l’univers. A partir de là, on peut se rendre n’importe où ou presque. Il suffit d’emprunter une des portes  qui remplissent l’endroit, et on ressort ailleurs. Une fois qu’on en a les moyens, l’exploration de nombreux mondes et plans est aisée, pour autant que puisse l’être un voyage sur un monde en fusion ou un ces mondes habités par les hommes-lézards. Le Hall des mondes a aussi la particularité de posséder une échelle temporelle minuscule, comme si le temps s’y était accéléré.

Extrait des Travaux de Macros le Noir, De la formation des plans :

J’ai déjà parlé de la réalité de l’espace et du temps de mon point de vue. Je vais maintenant réviser quelques idées préconçues sur la formation des plans. Les plans avec lesquels les gens sont les plus familiers, sont les plans primaires. Ils n’ont rien de primaires, ce sont les plans les plus évolués et les plus complexes. Je garderai cette appellation et toutes les autres pour des raisons de commodité. La base de l’existence est les plans intérieurs, ce n’est pas nouveau. Mais ceux-ci ne sont pas distincts, concentriques comme on le pense souvent. Ils sont au même endroit que les autres plans, mais n’ont rien de commun avec eux sur le plan de la structure. On pourrait schématiser ceci comme de la lumière : Les alchimistes ont trouvé depuis longtemps que toute couleur n’est qu’une combinaison des cinq couleurs primaires : bleu, jaune, rouge, et blanc ou noir pour foncer ou éclaircir. De même, les plans primaires sont formés à partir des plans Elémentaires pour la consistance et des plans d’Energie pour ‘l’animation’. Tout peut donc être décomposé en Air, Eau, Feu et Terre, et mâtiné de positif et de négatif. A l’extrême, les seuls plans existant vraiment sont les plans Elémentaires et d’Energie. Les plans primaires sont une vue de l’esprit : Un point vert n’existe pas : c’est un point jaune et un point bleu superposés. En mettant un filtre coloré devant un motif éclairé, on obtient une projection qui ne tient compte que d’une composante de la couleur. On a alors une figure monochrome, plus claire ou plus foncée suivant qu’il y a plus ou moins de la couleur à l’endroit correspondant de l’original. De même, si on se déplace dans le plan élémentaire de la Terre, on verra les maisons et les palais, mais seulement la partie de terre qui les compose. Les murs seront présents, mais pas les charpentes ni les portes. Les vitres sembleront tenir toutes seules. Le plan de l’eau nous révélera l’emplacement des poutres, mais non complètes, puisque le bois est aussi formé de terre. Dans le plan élémentaire de feu, on verra ce qui brûle dans l’âtre décomposé suivant la température qu’il a atteint : les bûches du centre sont presque entières, celles du bord sont plus composées de terre et d’eau.

Je peux aussi aujourd’hui replacer les plans Quasi-Elémentaires et les plans ParaElémentaires dans cette théorie. N’en déplaise à certains, il n’existe pas de tels plans. Plus exactement, ils existent, mais sont des plans primaires comme les autres. Leur ‘position’ ne diffère pas de celle des autres plans primaires. Ils ne sont pas des points de rencontre de plans Elémentaires ou je ne sais quelle foutaise. Il est vrai que ce sont des plans primaires un peu particuliers : ce sont les plus simples des plans primaires : ils ne sont composés que de deux de ces plans, Eau et Air, Feu et Eau, etc. Ils sont ainsi peu propres à la vie, et ont été confondus avec des plans élémentaires par ceux qui les ont explorés. J’évincerai de même manière les plans QuasiElémentaires. Ce sont aussi des plans Primaires plus simples que les autres. Les plans Extérieurs sont les ‘plus grands’ plans. Ils sont semblables aux plans Primaires pour certains, aux plans Elémentaires pour d’autres. Ils sont un peu comme la face cachée des plans primaires, leurs inverses si l’on peut dire, mais chaque plan primaire n’a pas forcément de plan Extérieur propre, c’est-à-dire que deux plans Primaires peuvent avoir un même Plan extérieur. De même, un plan primaire peut avoir plusieurs plans extérieurs. On rencontre dans de tels plans les créatures les plus exotiques et les plus puissantes. Les Plans Extérieurs sont peuplés de créatures qui leur sont propres et d’êtres extrêmement puissants (dieux, déesses, et demi-dieux). C’est également là que reposent les âmes des créatures intelligentes des plans primaires. J’ai pu néanmoins remarquer que certains rares plans comme Ravenloft ne possèdent pas de plan Extérieur (en fait il me semble que Ravenloft est son propre plan Extérieur, mais je n’en jurerais pas). C’est ainsi que les âmes de Ravenloft ne peuvent pas réellement reposer en paix.

Les Demi-Plans sont des cas particuliers des autres types de plans. Leur caractéristique principale est de n’être pas présents partout. Ce sont des sortes d’îles’ au milieu des autres plans. Ils sont ‘plus petits’ que les autres plans et souvent discontinus, ce qui signifie qu’une corde voulant relier deux points d’un de ces plans peut très bien devoir en sortir et y rerentrer comme si elle reliait deux îles à travers la mer. Certaines de ces poches, comme celles du demi-plan de Ravenloft ne sont même pas fixes, et peuvent apparaître n’importe où, n’importe quand.(...)

J’ai aussi pu remarquer différents phénomènes dans d’autres plans. Certains plans ont comme des malformations qui les font disparaître progressivement : Ravenloft encore est un bon exemple : Ce plan n’a pas toujours été un demi plan ; j’ai des preuves que celui-ci était il y a longtemps un plan primaire doté d’un plan extérieur comme ceux que nous connaissons actuellement. J’en ignore encore la raison, mais il apparaît que ce plan était doté d’une aberration, et qu’il s’est dilapidé peu à peu ; d’abord il s’est confondu avec son plan Extérieur, puis comme tous les plans disparaissant, il a commencé à ‘fondre’ en certains endroits : il devenait la forme la plus simple de plan : un plan Ethéré.

Chaque plan Primaire est entouré d’un Plan Ethéré formé de protomatière, où rien n’est solide. On trouve parfois dans ces plans de petites pochettes  (ou îlots) de matière appelées demi-plans souvent créées par des magiciens ou des technologues extrêmement puissants, ou encore par des demi-dieux. Le voyage interplanaire passant par le plan Astral, la raison d’être des plans Ethérés m’échappe. J’ai ouï dire que les plans Ethérés serviraient d’armature aux plans primaires. En quelque sorte le parchemin où poser les couleurs des plans Elémentaires.

Le plan Astral est partout. Il est là où il n’y a rien, dans le creux des boucles des plans primaires, dans les interstices des demi-plans, etc. Il sert de lien entre les plans primaires, élémentaires, demis et autres. Il est essentiellement vide.


 
 
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